mardi 7 octobre 2008

J'attends le bus à Tunis. J'attends depuis longtemps. Le bus, je le vois arriver, il penche sur le côté gauche, il s'annonce bondé. Va-t-il s'arrêter?
Dans les bus tunisois, à l'heure de pointe - à toute heure en réalité, une fois monté il faut déjà envisager de descendre. On monte à l'arrière et on descend à l'avant alors il faut jouer des coudes tout en s'agrippant, comme on peut. Une main sur une barre métallique verticale et une main à plat au plafond. C'est le prix à payer pour ne pas être projeté trop brusquement. Logiquement, la concurrence est particulièrement rude pour s'agripper aux piliers du bus, chacun s'agrippe fermement et défend sa prise, les femmes surtout les vieilles ne sont pas les plus faciles à impressionner. Quant aux places assises n'y pense pas et si tu n'es pas un handicapé (aveugle de prééfrence ça se voit plus) ou un vieux de plus de 70 ans (les hommes sont reconnaissables de loin grâce à la chéchia rouge écarlate) ou encore une vieille qui mordille son safsari blanc écru, bref si tu n'es pas tout cela, n'espère pas t'asseoir, arrête de lorgner le siège en plastique (d'ailleurs pas du tout confortable tu glisses comme sur un toboggan) il y a trop de concurrence et les regards qui foudroient auront tôt fait de te faire déguerpir. Donc, lorsque tu montes tu dois progresser vers l'avant, sans tomber, en regardant devant toi, et tu ne peux que te faufiler, à la manière de la voiture prise entre deux rouleaux d'un car wash. "Samahni, samhni!" (excuse-moi excuse-moi), convient-il de glisser à l'oreille d'un ton ennuyé d'ennuyer ton prochain, c'est-à-dire celui qui t'empêche évidemment de progresser aussi facilement. Tu sollicites l'autorisation de passer en somme. Un vrai parcours du combattant vous dis-je. Tu es presque arrivé mais il est trop tôt pour descendre alors tu te plaques parce que ceux qui descendent ils ne te ratent pas et ils risquent de t'emporter avec les couffins (s'il s'agit de ménagères revenant du marché), dans tous les cas ils te projettent violemment car ils tracent l'ultime tronçon vers la liberté comme le futur nouveau-né qui est proche de l'expulsion. Si tu es timide ou si tu penses respecter une quelconque civilité, ou bien, confiant, tu crois que la personne devant toi-plantée va évidemment descendre au même arrêt que toi, alors tu risques de rater ton arrêt et tes implorations "el beb el beb" (la porte la porte) n'y feront rien. Les chauffeurs d'autobus tunisois portent des oeillères, ils ne parlent pas aux passagers mais ils ne les entendent pas non plus.
Quand tu descends enfin, tu remarques que suivait un bus vide, par contre le chauffeur et les quelques passagers ont l'air de franchement rigoler eux!

vendredi 29 août 2008

Portrait de con

Il existe mille et une définitions d'un con, voici la description physique de l'un d'entre eux :
petit homme replet rassuré par l'apparence médiocre des autres sans s'avouer que lui-même en est le parangon, qui se dit qu'il faut nuire aux autres pour éviter qu'on lui nuise, de petits yeux bleu très rapprochés, ronds, fureteurs et méfiants à forte mobilité car le con est aussi paranoïaque et surveille constamment les personnes qui l'entourent, il épie mais refuse d'être épié ; un corps faussement immobile car il ne sait pas s'engager dans la moindre direction ; le con est pédant :une fine moustache blanche peignée et taillée, le cheveu lisse teint à la façon grand-mère, la mine chafouine ; engoncé dans un costume marron étroit chemise blanche, cravate rayée ou quelquefois un noeud papillon ou une légion d'honneur comble du ridicule et de la suffisance. (août 2005)

mercredi 27 août 2008

mal de tête

Sa tête bourdonnait depuis quelques minutes. Il se massait les tempes du bout des doigts, dans le sens des aiguilles d'une montre puis dans le sens inverse en espérant être soulagé, au moins faire redescendre la tension artérielle. Il savait ce qui lui donnait ces névralgies : le bruit. Autour de lui un bruit continu l'agressait, non pas un ronronnement monotone comme celui d'une machine accomplissant une tâche répétitive mais un fort brouhaha d'où fusaient des cris graves ou des rires aigus. Il lui arrivait d'ouvrir les yeux mais c'était pire encore! Comme il avait enlevé ses lunettes de myope il ne percevait que des formes mouvantes, certaines assises d'autres debout, dans une gigantesque impression de mouvement. Il avait envie de crier : Assez! mais sa bouche était trop sèche et sa voix manquerait de force. Sa respiration était haletante et il se demandait où il trouverait la force nécessaire pour continuer d'inspirer. En avait-il simplement l'envie? Il se disait qu'il se ferait alors remarquer et il avait presque peur, oui peur, de perturber un "ordre" qui s'était installé depuis trop longtemps et qui lui échappait. Seulement percevait-il le temps qui s'écoulait, trop lentement, et qui le rapprochait de la fin. Il parlait à lui-même, priait aussi. Il parlait de plus en plus fort comme on se débattait et plus il parlait fort mieux il se sentait, il se sentait tout simplement. Alors ses sens engourdis se remettaient en marche et il se disait : voilà ce qu'il faut faire, parler et ne rien entendre! Mais à cet exercice-là, lui, qui n'était pas un bavard, parvenait rapidement àr s'essouffler et à ne plus savoir que dire et enfin il s'apostrophait en se reprochant de soliloquer bêtement.
Pourtant il réussit par prononcer une phrase intelligible, même s'il ne fut pas certain d'avoir été entendu : On reprendra le cours demain, c'est sûr vous serez plus calmes! Puis, délivré par la sonnerie, il contemplait la masse des élèves qui se dirigeaient vers la sortie l'ignorant impitoyablement. (9 janvier 2006)

lundi 25 août 2008

Faire-part de naissance



Bonjour à tous,





aujourd'hui, lundi 25 août 2008, vient de naître ce blog que j'espère alimenter régulièrement de mes profondes réflexions, de mes saillants traits d'humour, ou de confidentielles et inédites informations. (Tu parles!)


Je vous prie d'excuser la platitude du message mais je vais m'améliorer. D'ailleurs comprenez le titre : un palimpseste est "un parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte" ce qui veut dire que je considère tout ce que j'écris comme un brouillon sans cesse améliorable.



Scripturalement vôtre,

Cédric